Six stratégies parentales pour immuniser votre enfant contre la dépression

Votre enfant est-il naturellement optimiste ou avez-vous plutôt l’impression que A.A. Milne l’a utilisé comme source d’inspiration lorsqu’il a créé le personnage de Bourriquet dans l’histoire de Winnie l’ourson ? Peu importe où votre enfant se situe sur le spectre de l’optimisme, la bonne nouvelle est que certaines stratégies parentales peuvent favoriser l’optimisme chez votre enfant, même si sa tendance naturelle est plutôt « à la Bourriquet »!

Pourquoi est-ce si important de développer l’optimisme chez votre enfant ? En grande partie, parce que l’optimisme est la pierre angulaire de la résilience et d’une bonne santé mentale. L’optimisme peut donc, en quelque sorte, servir d’immunisation contre les tendances dépressives.

Avant d’énumérer les stratégies parentales qui permettront à votre enfant de développer son optimisme, il importe de voir en quoi cela consiste. Penser positivement est une définition trop simpliste de l’optimisme. Martin Seligman, le père fondateur de la psychologie positive, explique plutôt que l’optimisme repose sur la façon dont l’individu s’explique les causes des évènements qui lui arrivent, particulièrement ses succès et ses échecs. Le style explicatif est le terme que Dr Seligman attribue à cette habileté de s’expliquer les causes des évènements. Les trois dimensions du style explicatif sont la permanence, l’omniprésence et la personnalisation.

La permanence : Les enfants qui sont plutôt pessimistes ont tendance à voir les causes des évènements négatifs comme permanentes. Par exemple, un enfant plutôt pessimiste qui échoue un test pourrait s’expliquer son échec en se disant qu’il n’est pas intelligent (assez permanent) comparativement à l’enfant plutôt optimiste qui aura tendance de s’expliquer la cause de ce même évènement de façon plus temporaire. Ce dernier pourrait plutôt se dire qu’il a échoué puisque le test était très difficile (temporaire).

L’omniprésence : La personne pessimiste va souvent généraliser les échecs. Plutôt que se dire qu’il a de la difficulté à marquer des buts au hockey (spécifique), il se dira plutôt qu’il n’est tout simplement pas un bon athlète (général). A l’opposé, l’optimiste va généraliser le positif, mais voir ses échecs comme étant spécifiques à une situation.

La personnalisation : Dans ce contexte encore, le pessimiste va se personnaliser la cause de ses échecs, alors que l’optimiste va se personnaliser la cause de ses succès.

Bref, la personne optimiste va se dire que les évènements négatifs ne sont pas « P.O.P. », c’est-à-dire, qu’ils ne sont pas personnels, omniprésents et permanents.

Puisque l’optimisme est un style de penser et que l’être humain a du contrôle sur ses pensées, l’optimisme peut être développé chez tous les enfants. Voici certaines stratégies parentales qui permettront d’encourager le développement de l’optimisme chez votre enfant.

Offrir des occasions de vivre du succès

Les enfants deviendront davantage optimistes en connaissant du succès et en surmontant certains défis. Ainsi, dès un jeune âge, laissez votre enfant accomplir des choses pour et par lui-même. Empêchez-vous de voler à leur secours trop rapidement. Comme parent, il faut prendre conscience que, malgré qu’il serait plus rapide de faire pour eux, il ne faut pas leur enlever l’opportunité de vivre du succès et ainsi, contribuer au développement de leur sentiment d’auto-efficacité et de leur sentiment d’optimisme. Il est certain qu’il est plus efficace de monter la fermeture éclair de notre petit de trois ans alors que le temps file. Par contre, en lui permettant de le faire et en nourrissant cette volonté des jeunes enfants de faire par eux-mêmes, vous leur offrez une opportunité en or de reconnaitre leur capacité et de se faire confiance qu’ils sont capables de surmonter des défis.

Permettre de vivre et d’exprimer les émotions

Être optimiste ne veut pas dire toujours voir la vie en rose. Au contraire, vivre et exprimer les émotions agréables et les émotions difficiles sont des actions nécessaires au développement de l’optimisme et du bonheur. Souvent, j’utilise l’analogie de l’autoroute pour expliquer aux enfants l’importance d’exprimer toutes les émotions. Je leur explique que les émotions sont comme des voitures qui circulent sur l’autoroute qui traverse leur corps. Si un barrage routier est érigé en plein milieu de l’autoroute, toutes les voitures doivent s’arrêter, non seulement celles d’une certaine couleur. La même chose pour les émotions, si on tente de mettre un barrage pour arrêter ou supprimer les émotions dites négatives, il sera impossible de vivre les émotions positives ou agréables.

Dire merci

Le simple fait de dire merci exprime aux enfants votre reconnaissance envers leur contribution au bien-être des membres de la famille et augmente les attitudes positives l’un envers l’autre. Manifestez votre gratitude en remerciant votre enfant lorsqu’il contribue aux tâches familiales ou qu’il pose un geste qui contribue positivement à votre bien-être. Par exemple, si votre enfant range sa chambre, plutôt que lui dire « Bravo ! », dites-lui merci en précisant l’impact positif que son action a eu sur vous. Vous pourriez exprimer : « Merci d’avoir ranger ta chambre puisque je me sens tellement bien quand la maison est toute propre et en ordre ». Cela permet à votre enfant de comprendre l’influence positive qu’il peut avoir sur autrui et lui permettra de ressentir un sentiment de fierté face à sa contribution positive. Cela l’encouragera également de continuer à aider les autres et à poser des gestes proactifs.

Planifier des moments de reconnaissance

A l’heure du souper, prenez le temps de vous réunir en famille pour un souper sans interruption. Éteignez la télévision et toutes autres formes de distractions et revenez en famille. À tour de rôle, chaque membre de la famille peut dire son plus beau moment de la journée ou identifier quelque chose pour lequel il est reconnaissant. En pratiquant cette activité quotidiennement, les enfants et vous-même développerez le réflexe de chercher le positif dans votre journée. Dans le fond, cela permet de mettre l’accent sur le positif plutôt que sur le négatif, ce qui contribue certes au développement d’une attitude optimiste.

Faire de la place pour le rire et le plaisir

Admettez-le ! La vie de famille roule à un rythme effréné! Les journées sont bien remplies de responsabilités, de rendez-vous, de devoirs, d’activités organisées, de réunions en soirée et j’en passe. Assurez-vous de faire de la place dans l’horaire de famille pour vivre des moments de plaisir ensemble. Cela permet de nourrir la relation et permet à vos enfants de vous voir dans un état détendu et de bonheur. Si vous voulez que vos enfants soient optimistes envers leur futur, voire envers leur vie adulte, il faut leur démontrer que les adultes aussi s’amusent et ont du plaisir. Si non, leur perception de la vie adulte risque d’être bien sombre.

Être des modèles d’optimisme

Que vous le vouliez ou non, vos enfants vous regardent et vous observent continuellement. La bonne nouvelle à ce sujet est que vous pouvez enseigner en faisant. Vous êtes des modèles peu importe, donc à vous de choisir si vous allez être des modèles d’optimisme ou de pessimisme. Pratiquez la pensée optimiste vous-même. Lorsque vous réussissez, donnez-vous le crédit qui vous revient ! Reconnaissez l’effort que vous avez mis pour réussir et communiquez votre fierté à vos enfants. Lorsque les choses ne vont pas à votre façon, tentez de les mettre en perspective. Prenez conscience de votre propre style explicatif. Par exemple, lorsque vous tournez en rond dans un terrain de stationnement, avez-vous plutôt tendance à vous dire : « Regarde toutes ces voitures ! Je ne pourrai jamais trouver un stationnement ! » ou êtes-vous plutôt du genre à dire : « Il y a beaucoup de voitures. Il pourrait être nécessaire de stationner plus loin des portes d’entrée. Nous pourrons prendre de l’air frais avant d’entrer. »

En conclusion, alors que les enfants développent leur style de penser et qu’ils apprennent à naviguer dans la vie, les parents servent de modèles. Prenez conscience du modèle que vous êtes ! Félicitez-vous pour vos bons coups et lancez-vous le défi de faire des petits changements là où il y a place à l’amélioration !


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