Comment parler de consentement avec les enfants et les jeunes

#metoo #moiaussi #balancetonporc

Peu importe où on se trouve sur cette planète aujourd’hui, les mots-dièse quant au harcèlement et aux agressions sexuelles infligés par des hommes influents de la société ne laissent personne insensible. Certains disent même qu’ils sont plutôt surpris si une femme n'affiche pas #moiaussi. Ils ajoutent que malheureusement ce traitement est devenu normalisé dans diverses sphères de la société et dans diverses industries. Personnellement, cette idée me fait un peu paniquer puisque j’ai deux enfants. Je souhaite que mon fils grandisse en sachant comment traiter avec le plus grand des respects toutes les personnes avec qui il aura à interagir. Et pour ma fille, je souhaite la même chose en commençant par le respect d’elle-même. Mais comme parent, comment pouvons-nous enseigner cela à nos petits et grands ? Comment faire alors qu’ils vivent dans une société où les sources d’influence sont de plus en plus nombreuses, où l’hyper-sexualisation est normalisée et où les enfants semblent avoir accès à des informations « pour adultes seulement » de plus en plus jeunes ?

Cette triste réalité m’a donc amenée à me questionner sur ce que j’ai fait de bien en tant que parent et modèle jusqu’à maintenant, ce que j’aurais pu faire différemment et comment je peux poursuivre dans mon rôle de maman afin d’aider mes deux enfants à développer leur esprit critique et les encourager à faire confiance à leur instinct dans des situations douteuses. De plus en plus, je réalise que la simple réalité de vivre en société les met face à d’innombrables situations précaires étant donné que ça se passe partout et en tout temps.

Je me suis souvent demandé quel serait l’âge approprié pour parler de sexualité, de toucher et de consentement à mes enfants. Est-ce qu’il y a un âge plus approprié où on devrait entamer ces discussions avec les jeunes ?

Étant donné qu’un parent veut que ses enfants grandissent avec une bonne compréhension des limites saines dans les relations et que les enfants sont des êtres sociaux, il n’est jamais trop tôt pour entamer certaines discussions et accompagner nos enfants dans la bonne façon d’interagir avec les autres. Nul besoin de parler spécifiquement de consentement et d’agressions sexuelles en bas âge, mais établir une fondation de communication ouverte et efficace doit se faire dès un très jeune âge.

Voici quelques pistes pour les parents de jeunes enfants.

- Même avant que l’enfant développe le langage expressif, il importe de véhiculer le message aux enfants que personne ne peut les toucher à moins qu'ils ne disent que c'est voulu. Cela dit, il importe de voir comment nos actions et nos paroles de parents véhiculent ce message. Est-ce que nous « forçons » nos enfants à donner un câlin ou un bisou aux grands-parents après une visite chez eux ? Encourageons-nous fortement notre enfant d’aller donner une colle à sa gardienne lorsque nous allons le récupérer à l’heure du souper ? Voilà les premières situations sociales où nous avons l’opportunité de montrer à nos enfants l’importance d’être gentils et respectueux, mais que le toucher affectueux n’est pas la seule et unique façon de témoigner notre reconnaissance.

- Enseignez-leur le nom de leurs parties du corps en utilisant les bons termes anatomiques. On n’invente pas 20 différents noms pour les bras et les jambes, alors pourquoi le faire pour les organes génitaux ? Utiliser les « mots de dictionnaire » offre un langage commun entre petits et grands qui favorise communication efficace. Certaines études spécifient que les enfants qui connaissent la terminologie correcte pour les organes génitaux sont mieux équipés pour révéler les abus sexuels. Utiliser une terminologie appropriée peut donc, en quelque sorte, aller jusqu’à protéger l’enfant. Les enfants qui sont à l'aise de parler de leur corps sont plus susceptibles de pouvoir révéler quand quelque chose d'inquiétant ou d'inconfortable leur arrive.

Et qu’en est-il des plus grands ?

Donc, on installe une base de communication ouverte et positive dès un très jeune âge, mais comment entamer les discussions plus spécifiques de consentement avec les plus vieux ?

À mesure que les enfants grandissent, on doit parler plus spécifiquement de sexualité et de consentement. Il importe de leur enseigner que le consentement signifie demander et attendre d'entendre un «oui». Le consentement ne signifie pas continuer à toucher quelqu'un sexuellement jusqu'à ce qu'il ou elle entende le mot «non». L’absence du « non » n’est pas un consentement.

Il va sans dire qu’en abordant ces sujets vous imaginez probablement que votre pré-adolescent ou votre adolescent va se rouler les yeux tellement creux que vous allez craindre, pour une fraction de seconde, que vous ne lui reverrez plus jamais la pupille. ! Il ou elle va fort possiblement argumenter qu'il sait déjà tout cela et que le sujet fut abordé dans un cours de Formation personnelle et sociale à l’école, mais rappelez-vous, en continuant d’en parler, vous normaliser la discussion sur le consentement. De plus, cela permet de nourrir la relation de confiance avec votre jeune, ça lui confirme que vous êtes disponible et ouvert pour discuter de sujets plus sensibles et cela pourrait leur permettre de trouver le courage de discuter avec vous dans un moment potentiellement critique.

Alors que l’importance de parler de sexualité et, plus précisément de consentement, avec les jeunes est évidente, entamer la discussion peut l’être beaucoup moins. L’inconfort chez le jeune, sans dire chez le parent, d’entamer cette discussion peut être assez pour remettre à plus tard. Je me permets donc de vous partager quelques stratégies sur comment entamer ces discussions avec nos jeunes.

- Intéressez-vous aux émissions qu’ils regardent. Il s’avère très probable que ces émissions abordent des thématiques sensibles telles que la consommation de substances illicites, la sexualité, l’intimidation et autres. En vous intéressant à leurs émissions, vous aurez, à la portée, de merveilleuses opportunités d’entamer la discussion. Quoique controversée, l’émission Thirteen Reasons Why de Netflix fait ressortir la plupart de ces thèmes dont celui de consentement et des répercussions des agressions sexuelles sur la santé physique et mentale des victimes. Si votre jeune choisit de visionner cette série, je vous encourage fortement de la regarder avec lui.
- Intéressez-vous à ce qui les intéresse. Écoutez lorsqu’ils vous parlent de leurs amis et des situations qui se passent à l’école ou à l’extérieur des murs de l’école. Posez des questions sans jugement et démontrer de l’empathie pour leurs amis lorsque la situation le demande.
- Tout simplement, utiliser l’actualité pour aborder certains sujets. Avec le mouvement #moiaussi, plusieurs occasions de discuter avec les enfants et les jeunes quant au consentement, au respect de soi et des autres ainsi qu’aux répercussions des agressions sur la vie des victimes sont omniprésentes dans les médias sociaux depuis un certain temps.
- Même si vos enfants grandissent, même si l’horaire familial est chargé d’activités professionnelles, sociales, scolaires et parascolaires, trouvez du temps pour les soupers en famille plusieurs fois par semaine. Je suis convaincue qu’il y a autour de la table familiale de multiples occasions de transmettre le message à vos enfants que vous êtes disponibles pour les écouter et les accompagner peu importe ce que la vie met sur leur chemin.

Bref, quoiqu’on ne puisse protéger ses enfants de tout malheur, il reste qu’on doit les équiper avec les valeurs et les outils de communication nécessaires pour qu’ils soient capables d’affronter ces situations délicates et difficiles à gérer. Surtout, il est primordial qu’ils comprennent qu’en tant que parents, on sera toujours là pour eux et qu’on les soutiendra peu importe la situation.

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