Où doit-on concentrer ses énergies si on veut que les enfants deviennent des adultes heureux et résilients ?

Lorsque demandés ce qu’ils veulent pour leurs enfants, la plupart des parents répondent qu’ils leur souhaitent du bonheur et de la santé. Finis sont les jours où les parents répondent qu’ils veulent que leur enfant devienne médecin, avocat, pompier ou comptable. La nouvelle génération de parents semble avoir intégré l’idée que c’est le bonheur qu’on doit poursuivre et non une carrière spécifique. Alors, si c’est le cas, pourquoi sommes-nous en train d’échouer misérablement à élever une génération d’enfants heureux ? Pourquoi trouve-t-on des titres d’articles et des manchettes qui lisent Le nombre de prescriptions d'antidépresseurs pour les enfants en hausse (http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1000001/nombre-prescriptions-antidepresseurs-antipsychotiques-enfants-hausse-canada) ? Cet article explique, et je cite : « Entre 2010 et 2013 au Canada, le nombre d’ordonnances d'antidépresseurs pour les enfants a augmenté de 63 % et le nombre d’ordonnances d'antipsychotiques, de 33 %.”

D’autres statistiques alarmantes sont malheureusement trop facilement disponibles dans l’internet ainsi que dans les recherches scientifiques et les sondages. Des statistiques tels que :

• Les problèmes mentaux chez les jeunes représentent la seconde dépense en soins hospitaliers au Canada après les blessures
• Le suicide est l’une des principales causes de décès chez les Canadiens de 15 à 24 ans, immédiatement après les accidents.
• Les troubles d’anxiété sont le trouble émotif le plus communément diagnostiqué dans 16 des 17 pays qui ont fait partie d’un sondage de    l’Organisation Mondiale de la Santé


Une des raisons pourquoi cette génération de parents semble loin d’atteindre son objectif d’élever des enfants heureux est que, malgré les bonnes intentions, on a surprotégé les jeunes. En voulant « protéger » leur estime de soi, on ne leur a pas permis de développer leur estime de soi. Je m’explique…l’estime de soi est le résultat des succès et des échecs vécus. Par conséquent, il est difficile d’enseigner directement l’estime de soi ou même le bonheur à un enfant.


La seule façon d’aider les enfants et les adolescents à développer leur estime de soi est de leur permettre de vivre une panoplie d’expériences où ils devront occasionnellement faire face à des défis, des obstacles et des embuches et qu’ils devront trouver des solutions. En voulant protéger les enfants, en voulant protéger leur estime de soi, on a éliminé l’ingrédient même qu’il fallait pour développer cette estime de soi et leur résilience face à la vie, soit le défi qui leur permet de se réaliser, de se dépasser et de faire confiance en leur capacité de gérer avec les défis que la vie leur lance. Peter Gray, psychologue américain explique qu’on a élevé une génération de jeunes qui n’ont pas eu l'occasion d'apprendre à résoudre leurs propres problèmes. Et voilà une des sources du problème.



La résilience est un autre concept qui est souvent lié étroitement au concept d’estime de soi. La résilience se définit simplement comme la capacité de rebondir face à l’adversité. La définition de la résilience plus élaborée du Dr Donald Meichenbaum dit que c’est “le processus de bien s'adapter face à l'adversité, aux traumatismes, à la tragédie, aux menaces ou aux sources importantes de stress. La résilience n'est pas un trait que les individus ont ou n'ont pas. La résilience implique des comportements, des pensées et les sentiments d'accompagnement qui peuvent être nourris, développés et appris ». Bref, si on souhaite élever une génération d’enfants résilients qui deviendront des adultes heureux, fonctionnels et épanouis, il importe de leur permettre de faire face à une certaine adversité et à diverses sources de stress afin que tranquillement, qu’ils deviennent outillés à gérer avec ces situations de vie. Il faut arrêter de les surprotéger !  

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Afin de permettre aux enfants de se réaliser pleinement, de développer leur résilience face à l’adversité et de se sentir confiants et compétents, voici quatre endroits où il faut investir davantage :


1- Développer des relations d’attachement stables avec les enfants :

Le facteur le plus important pour développer la résilience chez l’enfant est au moins une relation stable avec un parent aimant et engagé, un tuteur ou un autre adulte. La présence d’un adulte sensible peut également aider à inverser les changements physiologiques qui sont activés par le stress. Cela ne veut surtout pas dire qu’il faut surprotéger les enfants mais plutôt être présent et sensible à leurs besoins lorsqu’ils traversent des périodes de stress ou font face à des défis. En fait, c’est en étant guidé par les adultes en qui il a confiance que l’enfant osera faire face à des défis et développera ainsi sa confiance de relever ces défis.

2- Aider l’enfant à développer son sentiment de compétence ou son sentiment d’auto-efficacité :

Albert Bandura, psychologue renommé, définit le sentiment d’auto-efficacité comme la croyance qu’a l’enfant en sa capacité de réaliser une tâche ou une performance particulière. Plus son sentiment d’auto-efficacité est grand, plus il entreprendra des objectifs de taille et plus il sera engagé à continuer vers ces objectifs même lorsque le défi semble important. Afin d’aider les enfants et les jeunes à développer leur sentiment de compétence ou leur sentiment d’auto-efficacité, il importe de leur rappeler qu’ils sont capables de faire des choses qui leur sont difficiles.

En tant que parents, il arrive souvent de célébrer les victoires des enfants. Quoiqu’il y a lieu de célébrer, il est préférable de mettre l’emphase sur l’effort plutôt que le résultat. Dans le même ordre d’idées, on doit faire attention aux éloges trop fréquentes ou non-authentiques.


3- La bonne gestion des émotions :

Une bonne gestion des émotions nécessite des habilités de compréhension de ses émotions. Diverses études et recherches permettent de conclure que la capacité de la personne à gérer ses émotions de façon saine a un impact beaucoup plus significatif sur sa qualité de vie que son quotient intellectuel. Afin de permettre aux enfants et aux jeunes de bien gérer leurs émotions, il faut qu’ils soient permis d’exprimer les émotions tant positives que négatives. Si on souhaite que les enfants puissent exprimer leurs sentiments de façon saine, il faut faire un peu d’introspection afin de constater à quel point on est confortable avec l’expression de sentiments dits négatifs ou difficiles. Parfois on ne permet pas aux enfants d’exprimer leurs émotions difficiles puisque cela vient éveiller en l’adulte des réactions qu’on ne souhaite pas vivre. Toute émotion est saine et humaine. Il faut apprendre à les vivre et les accepter. Les enfants doivent également être permis de parler des émotions dites négatives autant que les positives. Vivre des émotions négatives ne fait pas de quelqu’un une personne négative mais plutôt une personne humaine !

En tant que parent, on doit valider les émotions de l’enfant. Les enfants utilisent bien plus souvent leurs comportements que leurs mots pour exprimer leurs sentiments. Il est donc primordial que les parents s’arrêtent pour comprendre l’émotion ou le sentiment qui motive le comportement pour permettre à l’enfant de se sentir compris et respecté dans l’expression de ses émotions. Pour en connaitre davantage sur ce sujet, allez voir le blogue
Et si vous pouviez seulement comprendre pourquoi votre enfant continue d’agir ainsi ! 

4- Aider l’enfant à développer une attitude optimiste :

Finalement, si on souhaite que ses enfants grandissent en adultes heureux, résilients et épanouis, il importe de leur permettre de cultiver une attitude optimiste. L’optimisme repose sur la façon dont on considère les causes des évènements. En psychologie positive, on parle du style explicatif. Le style explicatif de la personne est la façon dont elle s’explique les évènements eux-mêmes. C’est particulièrement crucial dans la façon dont elle s’explique ses propre succès et échecs. Avoir une attitude optimiste veut dire :
a. Qu’on voit les défis et les situations difficiles comme des périodes temporaires et non permanentes.
b. Qu’on met l’emphase sur les forces et les habilités qui vont permettre d’aller de l’avant plutôt que mettre l’emphase sur les facteurs sur lesquels on exerce peu de contrôle.
c. Qu’on voit les défis comme étant des opportunités d’agir et d’apprendre, des opportunités de se dépasser.


La meilleure façon d’aider l’enfant à développer une attitude optimiste est en étant un modèle par ses actions et ses paroles et, également, en guidant l’enfant à prendre conscience des paroles qu’il utilise pour se décrire ou décrire ce qui se produit dans sa vie. Un enfant qui exprime qu’il n’est pas bon au soccer sera bien moins motivé à persévérer dans ce sport que l’enfant qui exprime que le soccer est un sport difficile et qu’il lui faudra beaucoup de temps et de pratiques pour s’améliorer.

Finalement, une prise de conscience des mots qu’on utilise pour s’expliquer les évènements que l’on vit et les mots dont on dispose pour communiquer avec les enfants est un premier pas vers le changement et l’amélioration. En faisant cette prise de conscience, la capacité du parent d’accompagner et d’inspirer son enfant sera améliorée. Comme le dit si bien la citation de Gandhi : Vos croyances deviennent vos pensées, vos pensées deviennent vos mots, vos mots deviennent vos actions, vos actions deviennent vos habitudes, vos habitudes deviennent vos valeurs, vos valeurs deviennent votre destinée. 


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2 Comments

  • vanessa cormier
    This is a great read! I am so happy to see the things I have been teaching my daughter will have such a great impact on her! I have let my fears, doubts and opions of other question my parenting bother me in the past so I am happy to have gotten this information to encourage me to keep it up!
    • Manon
      Merci Vanessa! J'apprécie ton commentaire!Continue de visiter cette page puisque j'y ajoute régulièrement des blogues portant sur des sujets qui touchent bien des familles! N'hésite pas à me faire part de tes plus grandes préoccupations en tant que parents. Il est possible que je développe du matériel sur les thèmes dont vous, les lecteurs, veulent lire! Manon

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