Et si nous osions laisser nos enfants s’ennuyer cet été?

Les vacances d’été approchent à grands pas. Est-ce que ce sera vraiment des VACANCES ou plutôt un horaire truffé de camps d’été et de cahiers du style “En route vers la 5e année » ? Le calendrier familial estival sera-t-il plus chargé que celui du reste de l’année ? Comme parents, soyons honnêtes! Le stress augmente assez rapidement dès que l’on songe à occuper, à divertir et à amuser nos jeunes pendant un gros dix semaines! Oui, dix semaines! Cela a l’air bien long pour certains parents. Devons-nous nous poser la question à savoir si cela nous appartient, comme parents, d’occuper nos enfants pendant toutes les vacances estivales ? Oui, la question est pertinente! Il faut nous occuper d’eux et de leurs besoins, mais devons-nous charger leur horaire et les organiser comme si nous étions leur assistante administrative et qu’ils étaient les gérants de grandes compagnies ?

Bon nombre de parents semblent bien préoccupés à organiser leurs enfants pendant l’été. C’est le lot des foyers d’aujourd’hui où papa et maman travaillent et n’ont pas le luxe de pouvoir profiter de dix semaines de congé en famille. Cette réalité de 2017 fait en sorte que plusieurs parents cherchent des alternatives. Les vacances d’été sont un peu comme les journées de tempêtes hivernales. Elles déstabilisent l’horaire familial, causant par la même occasion beaucoup de désagréments pour les parents qui doivent poursuivre leurs activités professionnelles. Certaines familles optent pour les camps comme compromis. Je ne critique aucunement les parents qui choisissent les camps comme options de garde pour leurs enfants. En fait, ce sont d’excellentes alternatives qui répondent à une nécessité.

Une autre crainte qui trotte dans la tête des parents est la peur que leurs enfants s’ennuient; les enfants étant tellement habitués à être organisés et « ultra-cédulés ». Qui dit « enfants ennuyés » dit « enfants énervants », non? Et l’anticipation de la fameuse phrase  « Je n’ai rien à faire » cause bien du souci. On a tous entendu que « l’oisiveté est la mère de tous les vices ». Quand cette ligne nous colle à l’oreille, pas étonnant que l’on cherche tant à empêcher les enfants d’être inactifs !

Comme parents, il faut toujours questionner la raison de nos actions. Pourquoi cherchons-nous à surcharger l’horaire d’été de nos enfants? Offrir des horaires remplis d’activités pré-organisées est-elle la meilleure chose à faire ? Je pense que la réponse se trouvent dans l’équilibre. Un ou deux camps auxquels le jeune souhaite vraiment participer peut s’avérer une expérience riche et agréable, mais nous devons aussi accorder aux enfants du temps pour se reposer, du temps à rien faire, même du temps pour s’ennuyer un peu. Cela peut s’avérer hautement bénéfique !

Quels seraient alors les avantages de s’ennuyer un peu ? C'est dans les moments d’ennui que les enfants apprennent le plus ! Apprendre à s'organiser, apprendre à être bien lorsqu’on est seul et avoir l’opportunité de développer sa créativité ne sont que quelques bienfaits de ne rien faire ou de ne rien avoir à faire. Après tout, l’expression « la nécessité est la mère de toute invention » s’avère aussi très vraie dans ce contexte. Rare sera l’enfant qui développera son propre jeu ou qui construira un fort avec les vieilles planches que papa a laissées sous le perron s’il n’a pas le temps de s’ennuyer et de chercher quelque chose à faire. Découvrir une nouvelle série de livres de lecture et rencontrer de nouveaux amis dans le voisinage sans que les adultes orchestrent ces rencontres sont d’autres bienfaits. Nous empêchons le développement de la créativité chez nos jeunes lorsque nous ne leur offrons aucun temps pour s’ennuyer et pour être seuls avec leurs pensées.

Un autre avantage des horaires allégés pendant l’été est la possibilité de nous reposer. Tout le reste de l'année, les obligations d’être à certaines places à certains temps font en sorte que nous pressons constamment les enfants entre l'école et les activités sportives, culturelles et familiales. Toute l’année, ils suivent à leur façon le circuit métro-boulot-dodo. Ils doivent se lever à une telle heure pour prendre l’autobus 45 minutes plus tard. Ils doivent se dépêcher de revenir à la maison afin d’avaler deux bouchées de souper pour être au cours de musique à temps. Et le lendemain, le cycle recommence. L’été doit servir à tempérer quelque peu la routine habituelle.

Cela étant dit, je vous propose quelques stratégies qui vous aideront, comme parents, à vivre un été calme, reposant et enrichissant en famille tout en évitant de surcharger l’horaire.

Dès le départ, établissez des attentes ou des règlements clairs quant à l’usage des électroniques et des écrans.

La communication de nos attentes est vraiment la clé du succès. Bien qu’il faille laisser nos enfants se trouver des activités et autogérer leur temps, nous demeurons parents et nous devons établir des limites claires en partant. Je pense que le problème survient souvent quand nous n’avons pas clarifié les règles au départ. Quand la limite de temps relié à l’utilisation des écrans est imprécise, les faux plis prennent racine très rapidement. Quelques journées pluvieuses d’affilées, et voilà, la mauvaise habitude de passer trop de temps devant un écran est installée pour l’été. Il faut alors se défaire de cette habitude… et ça, c’est de l’ouvrage! Il est préférable de démarrer sur le bon pied. Il faut s’entendre sur le nombre de minutes jugé raisonnable d’utiliser les électroniques et/ou les écrans. Il faut aussi s’entendre qu’une fois le temps écoulé, il faudra passer à autre chose… journées pluvieuses ou non !

Lancez-vous un défi en famille.

Je vous suggère de vous lancer un défi en famille. Par exemple, faire un certain nombre de kilomètres à vélo en famille avant la fin de l’été ou encore trouver des verres de mer de différentes couleurs pendant vos excursions à la plage. Souvent, le défi nous motive à agir et à travailler ensemble. La poursuite d’un but commun est toujours une merveilleuse façon d’enrichir les liens entre les membres de la famille.


Vivez le moment présent.

De plus en plus, la littérature scientifique et populaire parle de l’importance de la pleine conscience et de ses multiples bienfaits. Jon Kabat-Zin définit la pleine conscience comme l’habileté de porter attention au moment présent sans jugement. Il est bien difficile d’être dans le moment présent lorsque nous courons constamment contre la montre. Encourager les enfants à pratiquer des activités de pleine conscience, que ce soit de manger en pleine conscience ou d’observer la nature autour de nous peut avoir d’énormes bienfaits pour leurs santés psychologique et physique, mais également sur leur humeur et leur habileté à gérer leur stress. L’habitude de pratiquer des activités de pleine conscience pendant l’été se poursuivra alors après la rentrée scolaire et deviendra un outil de gestion de stress bénéfique pour tous les membres de la famille.

Tentez de retrouver votre enfant intérieur.

Avec toutes les responsabilités qui nous pèsent sur les épaules en tant que parents, nous pouvons vite perdre de vue notre enfant intérieur, cette partie de nous qui s’émerveille devant les petits miracles de la nature, celle qui voit la flaque d’eau comme une occasion de s’amuser plutôt que le présage d’une grosse brassée de lavage!

À titre d’exemple, voici ce qui s’est produit chez moi cette fin de semaine. Après avoir fait le grand ménage du garage et de la maison puis d’avoir mis aux vidanges tout ce qui ne nous servait plus et que nous trouvions très encombrants, notre fils a fait le tour des vidanges du voisinage. Après tout, tout le monde se prépare en même temps pour la collecte d’ordures spéciales du printemps. Et oui, tout le monde laisse bien des « trésors » sur le bord des rues de notre quartier. Notre fils est donc revenu fièrement avec une bicyclette « à peine usagée ». Non, mais, nous venions de vendre deux bicyclettes qui ne servaient plus, et là, il va gratter dans les poubelles du voisin pour ramener d’autres morceaux de bicyclette dans notre cour !!! Bref, nous aurions pu remettre ces morceaux de vieille bicyclette usagée aux poubelles, mais pour lui, c’était son trésor. Depuis trois jours, il travaille à réparer cette bicyclette et il développe de nouvelles habiletés de mécanicien. De temps à autre, il vient chercher les conseils de papa et poursuit sa démarche. Il a tellement hâte que cette bicyclette soit fonctionnelle afin de la conduire avec grande fierté puisque ce sera son ami et lui qui lui auront redonné vie.
C’est ce que je veux dire par retrouver notre enfant intérieur : s’émerveiller comme un enfant devant ce que nous pouvons créer avec ce que nous avons.

Alors cet été, comme maman, je me lance le défi de laisser mes enfants s’ennuyer, mais surtout de leur apprendre à être bien avec eux-mêmes. Peut-être apprendront-ils à sentir les roses, à apprécier les paysages et surtout, à apprécier leurs activités structurées lorsque ces dernières reprendront à l’automne. Avez-vous le goût de vous lancer le même défi? N’hésitez pas à commenter dans la zone réservée aux commentaires. J’ai bien hâte de vous lire !


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