Et si vous pouviez seulement comprendre pourquoi votre enfant continue d’agir ainsi !

Quatre stratégies qui vous permettront de décoder les comportements les plus complexes de vos enfants

Les comportements des enfants et des jeunes sont habituellement motivés par un besoin ou un vouloir. Trop souvent, comme parents, on a tendance à évaluer le comportement d’après ce qu’il (le comportement) suscite comme réaction chez nous. Par exemple, si un enfant crie, on répondra « arrête de crier ! Tu me fais mal aux oreilles ! » Ou encore si un enfant met du temps pour s’habiller, on réagit en disant : « Dépêche toi, je ne peux pas être en retard ! » On ne prend pas assez souvent le temps de comprendre la raison du comportement ou encore le message que l’enfant tente de transmettre par l’entremise de son comportement. Avant d’aller plus loin, permettez-moi d’illustrer ce que je veux dire par un exemple.

Imaginez que vous êtes au sous-sol de votre maison et que vous tentez de prendre une grosse boite lourde remplie de décor de Noël fragiles de la tablette la plus haute d’une grande armoire. Alors que vous réussissez à descendre la boite, vous constatez à quel point elle est plus lourde que vous l’aviez imaginé et vous tenter de la retenir sans l’échapper. Vous avez les deux bras qui forcent, le genou gauche qui tente de la retenir par en-dessous alors que la jambe droite vous tient à peine en équilibre. D’un côté, vous collez le front contre la boite et utilisez le mur pour tenter de la soutenir de l’autre côté. En même temps, vous appelez votre conjoint pour de l’aide : « Chéri ! Peux-tu descendre m’aider ? » Il ne répond pas ! Qu’allez-vous faire ? En demandant cette question à plusieurs centaines de personnes lors de diverses conférences, la réponse est presqu’unanime : parler plus fort, crier jusqu’à ce que le conjoint réagisse. Bref, les réponses expliquent majoritairement qu’il y aurait une augmentation dans l’intensité du même comportement afin d’obtenir ce que l’on veut vraiment, soit du secours ou du moins, être entendu !

Cet exemple bien simple illustre le fait qu’on a une tendance innée d’intensifier un comportement lorsqu’on ne se sent pas compris plutôt qu’aller vers un comportement alternatif pour produire un résultat différent. On a tendance à souhaiter que le même comportement répété avec plus d’intensité produira un résultat différent. Les enfants font la même chose.

Le pourquoi du comportement

Les comportements servent des buts divers. D’ordre général, on apprend à se comporter dans le but de répondre à un besoin ou d'obtenir un résultat.

Le comportement est un outil de communication important pour l’enfant. Il aide l’enfant à communiquer ce dont il a besoin, ce qu’il veut obtenir ou ce qu’il souhaite éviter. Avez-vous déjà jouer aux Charades ? Ce jeu ludique présent dans bien des fêtes de familles et de rencontres sociales à pour but de faire deviner un mot ou une phrase en utilisant que des gestes sans utiliser la moindre communication verbale. Le comportement (les gestes, les actions) est un moyen de communication essential pour l’enfant surtout lorsqu’il n’a pas encore développé les habiletés langagières nécessaires pour s’exprimer avec des mots. Dans le fond, il joue aux Charades. Il tente de communiquer son message par l’entremise de ses comportements. Malheureusement, comme parents, nous ne sommes pas autant engagés à jouer aux Charades deux minutes avant que l’autobus passe en un lundi matin qu’on l’était possiblement au dernier party de bureau alors que le jeu de charades faisait partie d’une soirée bien arrosée ! Comme parents, on a plutôt tendance à s’attarder à ce que le comportement provoque comme réaction chez nous qu’au message que l’enfant tente de nous transmettre de par son comportement. La clé pour mieux comprendre le comportement de notre enfant pour ensuite l’aider à répondre au besoin exprimer est de devenir des décodeurs par excellence de comportements. Nous devons aider à traduire les comportements (code de l’enfant) en mots (code de communication des adultes) afin de tous parler le même langage et mieux se comprendre. Bref, voilà une clé pour aider les enfants à augmenter les comportements souhaités et à réduire les comportements moins désirables.

Les parents consultent nos services cherchent souvent à modifier un comportement ou une série de comportements de leur enfant. A titre d’exemple, les parents de jeunes enfants vont parfois identifier qu’ils souhaitent que leur enfant fasse moins de crises ou encore qu’il arrête de frapper. Les parents d’adolescents vont lamenter le fait que leur ados est constamment sur leur téléphone intelligent ou encore qu’il manque de respect et ne fait pas les tâches demandées. Bref, la raison de consultation est souvent identifiée comme étant, comment puis-je changer tel comportement chez mon enfant ? Cette question n’est effectivement pas la bonne. Si nous voulons voir des transformations dans le comportement du jeune, il faut plutôt s’attarder à la question : Qu’est-ce qui motive le comportement ?

Voici quatre stratégies pour faire de vous des champions aux Charades et conséquemment, de meilleurs accompagnateurs pour les enfants que vous côtoyez :

1.Comprendre la fonction du comportement : En général les comportements servent à trois grandes fonctions. Lorsqu’on comprend la fonction du comportement, on sera mieux outillé d’accompagner le jeune, de le comprendre et de répondre à son besoin afin de réduire la fréquence du comportement désagréable. Les trois grandes fonctions du comportement sont :

A. La Fuite ou l’évitement : L’enfant à envie de fuir une situation ou un environnement désagréable. Parfois, il se peut qu’il cherche à éviter une tâche comme faire une lecture à voix haute devant ses pairs ou une interaction potentiellement désagréable comme dans le cas où il ferait face à un jeune qui lui aurait fait subir de l’intimidation dans le passé.

B. Obtenir de l’attention : tous les enfants ont besoin d’attention. Certes, ils préfèrent obtenir de l’attention positive mais l’attention négative est quand même mieux que rien du tout. L’enfant peut chercher l’attention de l’adulte ou d’un autre enfant. N’oubliez pas que souvent, les enfants ont beaucoup plus d’attention pour les comportements désagréables que lorsqu’ils font ce qu’ils sont demandés. Comme adulte, il importe peut-être de regarder lesquels comportements qu’on renforce davantage avec l’attention qu’on leur attribue.

C. Obtenir quelque chose de tangible : La troisième motivation commune d’un comportement est le désir d’obtenir quelque chose de concret tel que la boite de Smarties placée stratégiquement tout près de la caisse à l’épicerie, un jouet, ou même un autocollant ou un jeton lorsqu’un système de renforcement est utilisé. Je parlerai davantage des systèmes de renforcements dans un article futur et de mon point de vue sur ces systèmes si fréquemment utilisés.

2. Découvrir l’émotion qui motive le comportement: Il faut mettre les mots sur le comportement de l’enfant afin qu’il se sente compris. Tel que l’exemple du début où la plupart de vous choisiriez d’intensifier votre message en criant plus fort si votre conjoint ne venait pas à votre secours, il y a plus de chance que l’enfant non compris intensifie son comportement pour se faire comprendre. Il est fort possible que l’enfant, dépendant de son âge et d’autres facteurs dans son développement, n’ait pas les mots pour décrire ce qu’il ressent. En utilisant des mots pour décrire les émotions, non seulement l’enfant se sentira-t-il mieux compris mais il pourra également faire des liens entre ses émotions et les mots utilisés qui lui permettra d’agrandir son vocabulaire et d’utiliser ces mots dans le futur.

3. Rester calme : Comme parents, il importe de rester conscient de ses propres émotions face aux émotions des enfants. Saviez-vous qu’il y a un type de neurones dans le cerveau qui sont surnommés neurones miroirs ? Ces neurones miroirs sont une sorte de neurones qui s’activent aussi bien lorsqu’on fait une action que lorsqu’on observe quelqu’un faire cette même action. A titre d’exemple, si l’enfant voit quelqu’un lancer un objet, les neurones moteurs de son cerveau responsable du mouvement de lancer s’activeront. Bref, le comportement des enfants est en quelque sorte le reflet de notre humeur et de nos propres comportements puisque nos actions qu’ils observent activent les neurones miroirs dans leur cerveau. Cela dit, la présence des neurones miroirs met encore plus d’importance sur l’importance du rôle des modèles dans l’apprentissage de l’expression saine des émotions. Plutôt que s’attarder au comportement de l’enfant, il peut être suggéré de s’attarder, en premier lieu, à nos propres réactions et comportements.

4. Se demander ce que vous pouvez faire dans le moment même pour améliorer votre relation avec votre enfant (ou votre élève) ? Finalement, à la base de toute relation se trouve un sentiment d’attachement qui procure une sécurité profonde pour l’enfant. Toute action peut renforcer ou nuire à cette relation d’attachement. Avant d’intervenir, il importe de prendre un instant et se demander si le choix d’action ou d’intervention permettra de faire grandir la relation. Les critiques, les insultes et les menaces nuiront au développement de la relation d’attachement alors que l’empathie, le dialogue et l’écoute permettront de nourrir la relation vous permettant ainsi d’accompagner et d’inspirer vos enfants et vos élèves.

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